Marc Pérusse

Entr'Arts: résidence d'artistes à Banff

Ça fait déjà unmois que j’ai l’intention de partager une réflexion par rapport à la résidence d’artiste que j’ai vécue à Banff à la fin août… Dernièrement, je me sens enterrée sous un tas de tâches administratives en vue le lancement de l’album de mon projet anglophone. Je reviens enfin à la surface pour prendre de l’air…oui! Respirer un peu, ça fait du bien!

J’ai passée une semaine à Banff pour participer à Entr’Arts - une résidence d’artiste organisée par le Regroupement des Artistes Franco-Albertains (le RAFA). L’idée du projet c’est de regrouper des artistes francophones de l’Ouest (et quatre du Nouveau Brunswick). Cette année, nous étions vingt : 12 artistes visuels, 5 musiciens et 3 écrivains.

Il s’agit de la quatrième édition à laquelle je participe. J’arrive tout le temps avec un objectif précis pour pouvoir profiter au maximum de mon temps. Ceux qui me connaissent bien savent que j’organise littéralement tout mon temps. D’ailleurs, lors de la dernière édition il y a deux ans, j’étais particulièrement productive : en plus d’avoir profité des cours de yoga offerts par le centre sportif, de faire des longueurs dans la piscine et de prendre des longues marches dans les bois, j’ai eu le temps d’écrire trois nouvelles chansons et composer une musique sur le texte de quelqu’un d’autre.

Cette année, je suis arrivée avec deux objectifs : travailler la mise en scène de mon nouveau spectacle et écrire une nouvelle toune. Mais, je me sentais tiraillée, incapable de maintenir le focus, d’abandonner mes attentes. Pas de yoga, pas de piscine, pas de marche dans les bois… ma tête et mon esprit ressemblaient aux montagnes étouffées par la boucane des feux de forêts au Nord des Etats-Unis. Brouillard total.

Je travaillais pleins d’affaires différentes avec des gens différents : mes nouvelles compos avec Marc Pérusse; l’interprétation/la mise en scène avec Ghyslain Filion; le branding avec Gabrielle Bouchard… J’ai passé trois jours à travailler à fond mes affaires sans avoir l’impression d’avancer du tout! C’est drôle à quel point j’avais peur d’être déçue de moi – peur de ne pas réussir à tout faire! Je me suis mise encore plus de pression et j’ai frappé un mur. 

J’ai décidé de me changer les idées en faisant un tour pour visiter les studios des artistes visuels et Sabine Lecorre-Moore m’a invité à peinturer quelque chose….ça m’a fait du bien! Presqu’autant que la bouteille de vin rouge que je m’étais achetée (j’ai choisi la marque « Screw It »…pour renforcir le fait que je devais abandonner mes attentes).

Jour 4 : le dernier jour de travail. Je me suis réveillée avec un p’tit maux de tête et un « je m’en fou-tisme » - une sorte de « f*ck it » tatoué sur le front. J’ai décidé d’abandonner mes attentes, de suivre le courant …et la boucane s’est dégagée.

Cette année, Entr’Arts m’a rappelé l’importance de moins forcer les choses. Non! L’importance de ne PAS forcer les choses. Parfois les morceaux sont tous là, il faut juste les laisser tomber en place.

Je reconnais la valeur du temps que j’ai passé avec Marc Pérusse (le réalisateur de mon album!) – on a pu discuter de la vision de l’album, choisir les tounes, en retravailler d’autre. On a eu l’occasion de se connaître davantage, de travailler plus ensemble – cela n’a pas de prix! 

Ghyslain Filion m’a fait comprendre une chose SUPER importante : je possède déjà tous les outils que j’ai besoin pour me laisser aller sur scène. Je dois juste me permettre de les utiliser! Quand je force moins, j’ai moins peur, j’ai accès à moi – au noyau de qui je suis et ce que je veux exprimer comme artiste. Mon interprétation est donc plus authentique. Je possède les outils qui me permettront de partager des dimensions de ma personnalité que je n’ai jamais osé explorer. 

Ghyslain Filion

Ghyslain Filion

Marc Pérusse

Marc Pérusse

L'an 2015 commence bien!

J'ai l'impression de me ramasser souvent à l'aéroport de Winnipeg depuis l'été dernier. J’en profite pour mettre à jour mon blog en attendant mon prochain vol à Saskatoon.

Je viens de passer un mois passé à Montréal pour retravailler mes nouvelles chansons avec Luc de Larochellière – un mentorat rendu possible grâce à l’appui financier du Saskatchewan Arts Board et du Conseil Culturel Fransaskois.

Moi et Luc de Larochellière

Moi et Luc de Larochellière

Luc maîtrise tellement bien l’art de la chanson : raconter avec concision, dessiner avec les mots, jouer avec les sonorités, rendre la chose proche à l’artiste… il m’a appris bien des choses :

J’ai réalisée jusqu’à quel point je suis très bilingue et mêlée/mélangée entre l’Anglais et le Français. J’ai autant de difficulté/facilité à écrire en Anglais qu’en Français et je rencontre des défis différents dans chaque langue. C’est pourquoi j’aime écrire des chansons en Français- c’est une façon pour moi d’apprivoiser la langue et de m’aiguiser une plume distincte qui m’appartient. Luc m’a appris l’importance d’utiliser mes mots et il m’a poussé plus loin… je vois jusqu’à quel point je me suis améliorée depuis mon séjour à l’École national de la chanson. C’est encourageant.

Tant qu’à être à Montréal, j’en ai profité pour faire un tour au Contact Ontarois à Ottawa, à assister à des spectacles, des lancements, des jams... j’ai aussi organisé plusieurs rendez-vous ‘buisiness’ – le tout pour apprivoiser tranquillement le milieu à Montréal et ouvrir mes ails petit à petit!

Roch Voisine a chanté dans ce micro le jour avant moi! #yikes

Roch Voisine a chanté dans ce micro le jour avant moi! #yikes

J’ai aussi eu le grand plaisir de continuer mon travail en studio avec Marc Pérusse. D’ailleurs, l’autre jour, on a enregistré des tracks de drum (merc Justin Allard!) et piano chez Planet Studios où j’ai eu le privilège de jouer un autre super beau piano à queue. Crime de bines en Chine! Quand c’est beau comme ça, on est efficace! Trois takes. Over and out.

Le piano chez Planet Studios

Le piano chez Planet Studios

Montréal, la bête sexy

Je dois porter attention – Montréal me séduit.

J’y ai présenté une vitrine chez Casa del Popolo le 28 octobre dernier. C’était un évènement organisé par le programme de musique francophone de Manitoba Music durant lequel quatre artistes francophone de l’Ouest présentaient leur show à des gens de l’industrie à Montréal: labels, agent, gérants.. toute le kit. J’ai fait de superbes rencontres. Chapeau à Joël Couture – le chargé du programme qui a fait un super travail! 

Par la suite, j'ai eu l'occasion de travailler des nouvelles chansons en studio avec Marc Pérusse (qui vient de gagner un Félix - Réalisateur de l'année avec Serge Fiori!). Holy smokers - quelle expérience! 

Marc Pérusse est un coeur... et si humble! Son approche en studio est très intuitive - il laisser parler les chansons: on essaye des affaires, on les enregistre, on fait le tri, on s'inspire des meilleures idées et tranquillement, tout tombe en place. Le plus surprenant là-dedans c'est le fait qu'on n'a même pas travailler avec un batteur ni un bassiste! Contrairement à toutes mes autres expériences de studio, Marc ajoute la section rhythmique à la fin - après les "overdubs", les takes vocales, tout. Il part de la chanson: voix et guitare (ou voix et piano) et trouve une façon de servir la chanson pour que le produit final coule de source. Je me sentais enfin connectée avec moi-même et mes chansons. Je suis rentrée en Saskatchewan avec des larmes de joie aux yeux...je devrais plutôt avouer que j'ai pleuré des larmes de joie à quelques reprises la semaine dernière. C'était magique. 

Une autre bête sexy chez les Studios Piccolo: un piano Steinway

Une autre bête sexy chez les Studios Piccolo: un piano Steinway

** J'aimerais souligner l'appui financier de Creative Saskatchewan qui m'a aidé à faire la vitrine et l'appui financier du Conseil culturel fransaskois qui a rendu la collaboration avec Marc Pérusse possible. MERCI MERCI MERCI!!