Hocus Pocus

Il y a plusieurs années, j’ai passée quelques semaines chez une femme à Granby, QC avec qui j’ai développé une belle complicité : une femme forte, créative, photographe et une maman très fière de ses deux filles. On a perdu contact depuis mon séjour chez elle, mais il y a un bout de conversation qui restera toujours avec moi. Elle m’a dit, pour réussir dans la vie, dans mes projets, ça prend deux affaires :

1) Une vision claire de ce que je veux : une vision tellement claire que toutes mes actions et projets sont développés en fonction de cette vision sans même que je m’en aperçoive. Quand la vision est floue, y’a des choix à faire, des décisions plus tough à prendre et y’a des détours... et pleins de doutes.

2) Un peu de magie

Le boute du travail j’ai compris tout de suite. C’est la partie sur laquelle j’ai un peu plus de contrôle/d’influence. J’ai souvent fait appel à de l’aide et à des mentors pour m’appuyer dans ma démarche mais je reste une artiste indépendante, auto-gérée, qui fait tout : c’est moi qui compose les tounes, qui paye les factures, qui lèche les timbres et qui rédige les demandes de financement ainsi que les plans de d’affaires/de commercialisation. Je suis rendue habituée de voir les étapes - le travail à faire pour arriver au point B du point A. Et je travaille très fort.

J’avais plus de difficulté à comprendre la magie. C’est comme si je l’attendais, comme si quelque chose allait tomber du ciel – un intervenant allait soudainement apparaître dans ma vie pour me montrer le chemin à prendre. J’étais naïve (je le suis encore par moments, je crois!).

Mais je commence à comprendre : la magie, c’est quelque chose qui se voit sur une période de temps. Par exemple : si ce n’était pas pour les Rencontres qui chantent - une résidence d’artiste organisées par l’Alliance nationale de l’industrie musicale à laquelle j’ai participé en 2010 - je n’aurais pas eu l’occasion de rencontrer Marc Pérusse. Je lui ai recroisé à quelques reprises depuis et, éventuellement, c’est lui qui a réalisé mon nouveau disque.

Je vois maintenant qu’il est parfois impossible de savoir comment le point A me mènera au point B ou C. Y’a un effet domino là-dedans qui est complètement hors de mon contrôle. Le seul travail que j’ai à faire, c’est de faire confiance.

Alors que les intervenants ne tombent pas du ciel, ils sont toujours là. Toujours dans les parages, de près ou de loin. Quand je leur pose les bonnes questions, quand je les invite à collaborer, quand je suis à l’écoute, j’invite la magie à venir jouer dans ma cours.